top of page

ACTES DU II° CONCILE DU VATICAN, L’ÉGLISE DANS LE MONDE DE CE TEMPS.

Changer les cœurs pour construire la paix


En matière de paix et de désarmement, les hommes doivent veiller à ne pas se limiter uniquement aux efforts de quelques-uns, en négligeant leur propre état d’esprit. Car les gouvernants qui sont les répondants du bien commun de leur propre nation, sont en même temps les promoteurs du bien de l’univers, sont très dépendants des opinions et sentiments de la foule. Il ne leur sert à rien de vouloir bâtir la paix aussi longtemps que des sentiments d’hostilité, de mépris et de défiance, des haines raciales et des partis pris idéologiques séparent les hommes et les dressent les uns contre les autres. Voilà pourquoi il s’impose avec urgence de rénover l’éducation des esprits et l’inspiration de l’opinion publique.


Ceux qui se consacrent à l’éducation, surtout auprès des jeunes, ou qui forment l’opinion publique, doivent considérer comme leur plus grave devoir celui d’inculquer à tous les esprits de nouveaux sentiments en faveur de la paix. Nous devons tous changer notre cœur, en considérant le monde entier ainsi que les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour l’amélioration de notre humanité.


Mais ne nous laissons pas tromper par une espérance fallacieuse. Si les inimitiés et les haines n’ont pas été chassées, si l’on ne conclut pas pour l’avenir un pacte solide et loyal en faveur de la paix universelle, l’humanité qui se trouve déjà dans une situation critique, en dépit de la science admirable qu’elle possède, risque de parvenir à cette heure funeste où elle ne connaîtra plus une autre paix que la paix sinistre de la mort. Mais, tandis qu’elle parle ainsi, l’Église du Christ, plongée dans les angoisses de notre temps, n’abandonne pas une très ferme espérance. Elle veut présenter à notre époque, sans arrêt, à temps et à contre-temps, le message de l’Apôtre : Voici maintenant le moment favorable pour la conversion des cœurs, voici maintenant le jour du salut.


Pour construire la paix, il est requis avant tout que l’on extirpe les causes de discordes entre les hommes car ce sont elles qui alimentent les guerres, à commencer par les injustices. Beaucoup de celles-ci proviennent d’excessives inégalités d’ordre économique, et du retard à y apporter les remèdes nécessaires. D’autres naissent de l’esprit de domination, du mépris des personnes et, si nous en recherchons les causes profondes, de l’envie, de la méfiance, de l’orgueil et des autres passions égoïstes. L’homme étant incapable de supporter de si nombreux désordres, il s’ensuit que, même sans que la guerre soit déchaînée, le monde est continuellement empoisonné de rivalités et de violences.


En outre, comme ces maux se retrouvent dans les relations internationales elles-mêmes, il est absolument nécessaire que, pour les dominer ou les prévenir, et pour maîtriser les violences incontrôlées, les institutions internationales développent et affermissent leur collaboration et leur coordination : il est nécessaire aussi que l’on provoque sans se lasser la création d’organismes promoteurs de paix.

Comments


bottom of page